Guide pratique
Comment Expulser un Locataire Qui Ne Paie Plus en 2025

L’expulsion d’un locataire qui ne paie plus son loyer constitue une préoccupation majeure pour les propriétaires en France. Cette procédure strictement encadrée par la loi nécessite le respect de délais précis et d’étapes obligatoires pour protéger les droits de chacune des parties.
Expulsion locataire impayé : les points clés pour 2025
La procédure d’expulsion commence par un commandement de payer via commissaire de justice, suivi d’une saisine du tribunal si les loyers restent impayés après deux mois, avec respect obligatoire de la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars.
- Commandement de payer : première étape obligatoire via commissaire de justice
- Délai de régularisation : deux mois accordés au locataire
- Saisine du tribunal : en cas de non-paiement persistant
- Commandement de quitter : nouveau délai de deux mois après jugement
- Trêve hivernale : interdiction d’expulser du 1er novembre au 31 mars
- Concours de la force publique : intervention préfectorale en dernier recours
Procédure expulsion locataire : guide étape par étape
| Étape | Action | Délai | Intervenant |
|---|---|---|---|
| 1 | Commandement de payer | 2 mois pour régulariser | Commissaire de justice |
| 2 | Saisine du tribunal | Variable selon tribunal | Propriétaire/Avocat |
| 3 | Jugement de résiliation | Délai fixé par le juge | Tribunal judiciaire |
| 4 | Commandement de quitter | 2 mois | Commissaire de justice |
| 5 | Demande de concours | Hors trêve hivernale | Préfecture |
Commandement de payer : première étape obligatoire
Le commandement de payer constitue l’acte inaugural de toute procédure d’expulsion. Ce document officiel doit impérativement être délivré par un commissaire de justice et respecter des formes strictes pour sa validité.
Le commandement doit mentionner précisément les sommes dues, avec le détail des loyers impayés, charges et éventuelles pénalités. Il accorde au locataire un délai de deux mois pour régulariser sa situation financière. Durant cette période, le locataire peut soit payer intégralement sa dette, soit proposer un échéancier au propriétaire.
Si le locataire procède au paiement complet dans les deux mois, la procédure s’arrête automatiquement. En revanche, un paiement partiel ne suffit pas à faire cesser la procédure, sauf accord explicite du propriétaire.
Saisine du tribunal et protection du locataire
Passé le délai de deux mois sans régularisation, le propriétaire peut saisir le tribunal judiciaire compétent. Cette saisine permet de demander simultanément la résiliation du bail, l’expulsion du locataire et le paiement des sommes dues.
Le tribunal examine la situation avec attention. Un locataire de bonne foi peut solliciter des délais de grâce pour s’acquitter de sa dette. Le juge peut accorder ces délais, généralement entre trois mois et trois ans, en fonction de la situation financière du locataire et des circonstances particulières.
Lors de l’audience, le locataire peut présenter sa défense et exposer ses difficultés. Le tribunal peut également ordonner une expertise ou des mesures d’instruction pour éclairer sa décision.
Point important
Le juge peut prononcer la résiliation du bail tout en accordant des délais de paiement au locataire. Cette décision permet au propriétaire de récupérer son logement tout en préservant les droits du locataire défaillant.
Commandement de quitter les lieux et délais
Une fois le jugement de résiliation prononcé, le locataire dispose d’un délai pour quitter volontairement le logement. Si cette démarche volontaire n’aboutit pas, un nouveau commissaire de justice intervient pour signifier un commandement de quitter les lieux.
Ce commandement accorde un nouveau délai de deux mois au locataire pour libérer les lieux. Cette période supplémentaire vise à permettre au locataire de trouver un nouveau logement et d’organiser son déménagement dans des conditions décentes.
Durant ce délai, le locataire conserve ses droits d’occupant et ne peut être expulsé par la force ou par des moyens de pression illégaux. Le propriétaire doit attendre l’échéance du délai légal avant d’engager les dernières étapes de la procédure.
Concours de la force publique et trêve hivernale
Si le locataire refuse toujours de quitter les lieux après expiration du commandement, le propriétaire peut solliciter le concours de la force publique auprès de la préfecture. Cette demande nécessite la fourniture de l’ensemble des pièces de la procédure.
La préfecture examine la demande et peut accorder son concours pour procéder à l’expulsion effective. Toutefois, cette intervention reste soumise à la trêve hivernale, période durant laquelle les expulsions sont interdites du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante.
Cette protection temporaire vise à éviter que des personnes se retrouvent à la rue durant les mois les plus rigoureux. Seules les expulsions concernant des locataires ayant bénéficié d’un relogement ou occupant des logements insalubres peuvent déroger à cette règle.
| Période | Statut expulsions | Exceptions |
|---|---|---|
| 1er novembre – 31 mars | Interdites | Relogement assuré, logement insalubre |
| 1er avril – 31 octobre | Autorisées | Selon procédure normale |
FAQ – Questions fréquentes sur l’expulsion de locataire
Combien de temps dure une procédure d’expulsion complète ?
Une procédure d’expulsion dure généralement entre 6 mois et 2 ans, selon les délais de traitement du tribunal et les éventuels délais de grâce accordés par le juge. La trêve hivernale peut prolonger cette durée de plusieurs mois supplémentaires.
Peut-on expulser un locataire sans passer par la justice ?
Non, l’expulsion d’un locataire nécessite impérativement une décision de justice. Toute expulsion sans jugement constitue une voie de fait passible de sanctions pénales et civiles. Le propriétaire doit respecter la procédure légale dans son intégralité.
Le locataire peut-il arrêter la procédure en cours ?
Oui, le locataire peut interrompre la procédure en régularisant intégralement sa situation avant le jugement de résiliation du bail. Après ce jugement, seul un accord amiable avec le propriétaire peut arrêter la procédure.
Quels sont les coûts d’une procédure d’expulsion ?
Les frais comprennent les honoraires du commissaire de justice (environ 150-300€ par acte), les frais d’avocat (facultatif mais recommandé), et les frais de justice. Le montant total varie généralement entre 1000€ et 3000€ selon la complexité du dossier.
Que faire si le locataire détériore le logement ?
En cas de dégradations volontaires, le propriétaire peut engager une procédure pénale parallèle pour destruction de biens et demander des dommages-intérêts. Ces éléments peuvent être invoqués lors de la procédure d’expulsion pour accélérer la décision du juge.
Conseil pratique
La procédure d’expulsion étant longue et coûteuse, il est recommandé de privilégier le dialogue avec le locataire dès les premiers impayés. Un échéancier amiable ou une résiliation à l’amiable peuvent éviter les contraintes de la procédure judiciaire.
L’expulsion d’un locataire qui ne paie plus constitue un processus progressif et réglementé qui protège les droits de chaque partie. Cette procédure, bien qu’exigeante en temps et en formalités, permet au propriétaire de recouvrer son bien tout en respectant la dignité humaine du locataire défaillant.


