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Pierre Goldman : militant d’extrême gauche assassiné en 1979

L’affaire Pierre Goldman demeure l’une des énigmes judiciaires et politiques les plus troublantes de la France des années 1970. Ce militant d’extrême gauche, condamné puis acquitté pour un double meurtre, a été assassiné en plein Paris dans des circonstances jamais élucidées. Son parcours exceptionnel, entre engagement révolutionnaire et combat pour sa réhabilitation, continue de fasciner près de cinquante ans après sa mort.
Pierre Goldman : les points clés aujourd’hui
Pierre Goldman (1944-1979) était un militant d’extrême gauche français, fils de résistants juifs polonais. Condamné à perpétuité en 1974 pour un double meurtre de pharmaciennes, il fut acquitté en appel en 1976. Libéré la même année, il devint écrivain et journaliste avant d’être assassiné le 20 septembre 1979 par un groupe mystérieux d’extrême droite nommé « Honneur de la Police ». Son meurtre n’a jamais été résolu.
L’histoire de Pierre Goldman illustre les tensions politiques de la France post-1968, où s’affrontaient militantisme révolutionnaire et répression policière. Son cas soulève des questions fondamentales sur la justice française, les erreurs judiciaires possibles et les zones d’ombre des services de sécurité de l’époque.
Parcours et engagement : de la résistance au militantisme révolutionnaire
Né à Lyon en 1944, Pierre Goldman grandit dans un environnement marqué par l’engagement politique. Ses parents, résistants juifs polonais pendant la Seconde Guerre mondiale, lui transmettent des valeurs de lutte contre l’oppression. Cette éducation forge sa conscience politique précoce.
Durant les années 1960, Goldman s’engage dans les mouvements d’extrême gauche et part en Amérique latine où il rejoint des maquis guévaristes. Cette expérience de la guérilla révolutionnaire influence profondément sa vision de l’action politique. Il rentre en France fin 1969, déterminé à poursuivre le combat révolutionnaire.
Son retour en France coïncide avec une période d’effervescence politique post-Mai 68. La radicalisation de certains militants conduit à la formation de groupes prônant la lutte armée pour financer leurs actions politiques. Goldman s’inscrit dans cette mouvance, commettant plusieurs braquages entre fin 1969 et début 1970, qu’il justifie par la nécessité de financer la révolution.
L’affaire judiciaire : condamnation, combat et acquittement
| Date | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| Décembre 1969 | Braquage d’une pharmacie avec double meurtre | Deux pharmaciennes tuées, témoins blessés |
| Avril 1970 | Arrestation de Pierre Goldman | Accusation de meurtres et braquages |
| 1974 | Premier procès | Condamnation à perpétuité |
| 1976 | Procès en appel | Acquittement pour les meurtres |
| Fin 1976 | Libération pour bonne conduite | Retour à la vie civile |
Le cas de Pierre Goldman pose une question centrale : la justice française a-t-elle failli dans ce dossier ? Goldman a toujours maintenu une position claire : il reconnaissait les braquages, qu’il revendiquait comme actes politiques de financement de la lutte révolutionnaire, mais niait catégoriquement les meurtres des deux pharmaciennes et les agressions graves contre les témoins.
Le premier procès de 1974 se déroule dans un climat tendu. Les témoignages sont contradictoires, l’identification contestée, mais la cour condamne Goldman à la réclusion criminelle à perpétuité. Cette décision soulève immédiatement des doutes dans les milieux intellectuels et juridiques. De nombreuses personnalités dénoncent une possible erreur judiciaire, alimentée par le contexte politique de l’époque où les militants d’extrême gauche faisaient l’objet d’une surveillance et d’une répression accrues.
Le second procès en 1976 aboutit à un verdict radicalement différent. La cour d’appel acquitte Goldman des accusations de meurtre, reconnaissant les failles du dossier d’accusation. Cette décision confirme les craintes d’une condamnation initiale injuste. Goldman est libéré fin 1976 pour bonne conduite, ayant purgé six années de détention.
L’écrivain et le journaliste : une renaissance après la prison
La période carcérale transforme Pierre Goldman. Loin de le briser, l’incarcération devient un temps de réflexion et de création littéraire. Il rédige « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France », ouvrage autobiographique qui rencontre un succès critique immédiat.
Ce livre, publié durant sa détention, révèle un écrivain doué, capable d’analyser avec lucidité son parcours, ses engagements et les contradictions de son époque. L’écriture devient pour Goldman un moyen d’exister au-delà de sa condition de prisonnier, de revendiquer son identité complexe de juif polonais français, de militant révolutionnaire confronté à la justice.
Après sa libération, Goldman entame une carrière de journaliste. Cette reconversion professionnelle illustre sa volonté de poursuivre son engagement politique par d’autres moyens, en utilisant la plume plutôt que l’action directe. Il continue d’analyser la société française, ses injustices et ses contradictions, fidèle à ses convictions d’extrême gauche mais ayant renoncé à la violence.
L’assassinat du 20 septembre 1979 : un crime politique non résolu
Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman est abattu en plein Paris, boulevard Saint-Germain. Cet assassinat en pleine rue, dans un quartier fréquenté, témoigne d’une exécution planifiée. Un groupe mystérieux se réclamant de l’extrême droite, nommé « Honneur de la Police », revendique l’attentat.
Cette revendication soulève immédiatement des interrogations. Le nom choisi suggère un lien avec les forces de l’ordre, alimentant les théories d’une vengeance policière contre un homme ayant mis en cause la justice et la police françaises. L’existence réelle de ce groupe n’a jamais été établie, et aucun membre n’a jamais été identifié ni arrêté.
L’enquête sur le meurtre de Pierre Goldman n’a jamais abouti. Cette absence de résolution judiciaire alimente les spéculations : complot d’État, règlement de comptes entre services secrets, vengeance privée liée à ses activités passées ? Près de cinquante ans après les faits, le dossier reste ouvert mais inexpliqué, symbole des zones d’ombre de la République française des années 1970.
Les funérailles de Goldman au cimetière du Père-Lachaise réunissent plus de 10 000 personnes, témoignant de l’impact de sa figure dans la gauche radicale française. Intellectuels, militants, écrivains se rassemblent pour rendre hommage à un homme devenu symbole de la répression politique et des mystères de l’État français.
Contexte historique : la France des années 1970 et ses morts suspectes
L’affaire Goldman s’inscrit dans une série de morts suspectes d’hommes politiques et de militants durant les années 1970. Cette période troublée de l’histoire française voit plusieurs décès inexpliqués dans les milieux militants, alimentant les théories de complots d’État et d’interventions des services secrets.
Les tensions politiques de l’après-Mai 68 créent un climat de confrontation violente entre extrême gauche et forces de l’ordre. La radicalisation de certains groupes, les actions terroristes de groupuscules comme Action directe, et la réponse sécuritaire de l’État génèrent une spirale de violence dont Goldman devient victime.
Des reportages et enquêtes journalistiques ont régulièrement revisité ces affaires, sans jamais parvenir à lever le voile sur les commanditaires réels de ces assassinats. L’affaire Goldman demeure emblématique de cette époque où les frontières entre action policière légitime, dérive sécuritaire et crimes politiques paraissent floues.
Héritage et mémoire : Pierre Goldman dans l’histoire française
La figure de Pierre Goldman continue de questionner la société française contemporaine. Son parcours incarne les contradictions de la gauche révolutionnaire : l’idéalisme politique confronté à la violence réelle, la fin justifiant-elle les moyens, la responsabilité individuelle face aux convictions collectives.
Son acquittement partiel soulève des questions sur la fiabilité du système judiciaire français, particulièrement dans les affaires politiquement sensibles. La non-résolution de son assassinat alimente la méfiance envers les institutions étatiques et leur capacité à faire toute la lumière sur les crimes touchant des figures contestataires.
Goldman représente également une certaine génération d’intellectuels engagés, prêts à risquer leur vie pour leurs convictions, refusant la compromission et la tiédeur politique. Cette radicalité, admirée par certains et contestée par d’autres, appartient à une époque révolue mais continue d’inspirer les réflexions sur l’engagement politique.
FAQ – Questions fréquentes sur Pierre Goldman
Qui était Pierre Goldman ?
Pierre Goldman (1944-1979) était un militant d’extrême gauche français, fils de résistants juifs polonais. Condamné puis acquitté pour meurtre, il devint écrivain avec son livre « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France » avant d’être assassiné en 1979.
Pourquoi Pierre Goldman a-t-il été condamné puis acquitté ?
Goldman fut condamné à perpétuité en 1974 pour le meurtre de deux pharmaciennes lors d’un braquage en 1969. Il a toujours nié ces meurtres tout en reconnaissant d’autres braquages. En appel en 1976, il fut acquitté des accusations de meurtre en raison des failles du dossier d’accusation.
Qui a tué Pierre Goldman ?
Pierre Goldman a été assassiné le 20 septembre 1979 à Paris. Un groupe mystérieux d’extrême droite nommé « Honneur de la Police » a revendiqué l’attentat, mais l’enquête n’a jamais permis d’identifier les auteurs. L’affaire reste non élucidée à ce jour.
Quel est le livre écrit par Pierre Goldman ?
Pierre Goldman a écrit « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France » durant son incarcération. Ce livre autobiographique, qui rencontra un succès critique, analyse son parcours, son identité complexe et ses engagements politiques.
Combien de personnes ont assisté aux funérailles de Pierre Goldman ?
Plus de 10 000 personnes se sont rassemblées au cimetière du Père-Lachaise pour les funérailles de Pierre Goldman. Cette affluence témoigne de l’impact de sa figure dans les milieux intellectuels et militants de gauche en France.