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Henri Désiré Landru : Le Barbe-Bleue de Gambais

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Henri Désiré Landru : les points clés aujourd’hui

Henri Désiré Landru (1869-1922) fut un escroc et tueur en série français reconnu coupable du meurtre de onze personnes entre 1915 et 1919. Arrêté en 1919, jugé en 1921, il fut guillotiné le 25 février 1922 à Versailles sans jamais avoir avoué ses crimes.

Profil du criminel :

  • Période d’activité criminelle : 1915-1919, pendant la Première Guerre mondiale
  • Nombre de victimes confirmées : 11 (10 femmes et 1 jeune homme)
  • Mode opératoire : Séduction par petites annonces matrimoniales, escroquerie financière, puis disparition des victimes
  • Lieu des crimes : Villa « L’Ermitage » à Gambais (Yvelines) et villa à Vernouillet
  • Arrestation : 12 avril 1919
  • Exécution : 25 février 1922 à la prison de Versailles

Le parcours criminel de Landru : chronologie et méthode

Période Événement clé Détails
1869 Naissance Né à Paris le 12 avril, dans une famille modeste
1890-1914 Première période criminelle Multiples condamnations pour escroquerie, vie sous plusieurs identités
1915-1919 Meurtres en série Période des assassinats présumés de 11 personnes
Avril 1919 Arrestation Interpellé suite à la plainte de la sœur d’une victime
Novembre 1921 Procès historique Procès retentissant devant la cour d’assises de Seine-et-Oise
Février 1922 Exécution Guillotiné à Versailles le 25 février à 6h00 du matin

Le mode opératoire d’Henri Landru reposait sur une technique d’escroquerie matrimoniale méthodique. Pendant la Première Guerre mondiale, période où de nombreuses femmes se retrouvaient seules, il publiait des annonces dans les journaux sous diverses identités. Il se présentait comme un homme aisé cherchant à se marier ou à fonder un foyer.

Une fois la confiance établie, Landru persuadait ses victimes de vendre leurs biens et de lui confier leurs économies. Les femmes disparaissaient ensuite mystérieusement. Aucun corps ne fut jamais retrouvé, mais les enquêteurs découvrirent dans sa villa de Gambais un four où il aurait incinéré ses victimes.

Le procès Landru : comment s’est déroulée l’affaire judiciaire

Le procès d’Henri Landru s’est tenu du 7 au 30 novembre 1921 devant la cour d’assises de Seine-et-Oise à Versailles. Cette affaire criminelle devint un véritable événement médiatique, attirant journalistes, artistes et écrivains du monde entier.

Éléments clés de l’accusation :

  1. Le carnet de Landru : Découvert lors de l’arrestation, ce carnet contenait 283 noms de femmes contactées, dont les 11 victimes présumées avec des annotations cryptiques
  2. Les témoignages : Plus de 350 témoins furent entendus, dont des proches des victimes et des voisins
  3. Les preuves matérielles : Effets personnels des disparues retrouvés chez Landru, tickets de transport, relevés bancaires
  4. L’absence des corps : Principal point de défense de Landru qui niait catégoriquement les meurtres

Défendu par Maître Vincent de Moro-Giafferi, célèbre avocat de l’époque, Landru maintint jusqu’au bout sa position : il refusa d’avouer les meurtres. Sa défense s’appuyait sur l’absence de cadavres et de preuves matérielles directes des assassinats.

Le 30 novembre 1921, après 1h30 de délibération, le jury le déclara coupable de onze meurtres avec préméditation. Conformément au Code pénal français de l’époque, la peine de mort fut prononcée. Le pourvoi en cassation et les demandes de grâce présidentielle furent rejetés.

L’impact culturel et médiatique de l’affaire Landru

L’affaire Landru eut un retentissement considérable dans la société française de l’entre-deux-guerres. Le surnom de « Barbe-Bleue de Gambais » fit rapidement référence, créant un parallèle avec le conte de Charles Perrault où un homme mystérieux épouse successivement plusieurs femmes qui disparaissent.

Cette affaire criminelle inspira de nombreuses œuvres culturelles :

  • Littérature : Romans, récits judiciaires et analyses criminologiques
  • Cinéma : « Landru » de Claude Chabrol (1963) avec Charles Denner, « Monsieur Verdoux » de Charlie Chaplin (1947), inspiré librement de l’affaire
  • Théâtre : Plusieurs pièces évoquant l’histoire du tueur en série
  • Presse : Couverture médiatique intensive qui transforma l’affaire en phénomène de société

L’affaire Landru marqua également la criminologie française. Elle illustre la méthode des tueurs en série motivés par l’appât du gain, catégorie criminelle distincte des meurtriers passionnels ou des psychopathes violents. Les méthodes d’investigation utilisées, notamment l’analyse des documents écrits et la reconstitution minutieuse des déplacements, préfiguraient les techniques modernes de la police scientifique.

FAQ – Questions fréquentes sur Henri Désiré Landru

Combien de victimes Henri Landru a-t-il assassinées ?

Henri Landru fut reconnu coupable du meurtre de 11 personnes : 10 femmes (Jeanne Cuchet, Thérèse Laborde-Line, Marie-Angélique Guillin, Annette Pascal, Anna Collomb, Andrée Babelay, Célestine Buisson, Louise Jaume, Anne-Marie Pascal et Marie-Thérèse Marchadier) et 1 jeune homme (André Cuchet, fils de sa première victime). Le nombre réel de victimes pourrait être supérieur selon certaines hypothèses jamais confirmées.

Pourquoi Landru était-il surnommé le Barbe-Bleue de Gambais ?

Ce surnom fait référence au conte de Charles Perrault « La Barbe bleue », où un homme riche épouse successivement plusieurs femmes qui disparaissent mystérieusement. Landru séduisait des femmes par des annonces matrimoniales, leur soutirait leur argent, puis elles disparaissaient. La référence à Gambais vient de sa villa « L’Ermitage » située dans cette commune des Yvelines, théâtre présumé de plusieurs crimes.

Henri Landru a-t-il avoué ses crimes avant son exécution ?

Non, Henri Landru n’a jamais avoué les meurtres dont il était accusé. Jusqu’à son exécution le 25 février 1922, il maintint son innocence, profitant de l’absence de corps pour contester les accusations. Cette attitude lui permit d’éviter de révéler les détails précis de ses crimes et le sort exact réservé à ses victimes.

Quelles preuves ont permis de condamner Landru sans corps ?

La condamnation de Landru reposait sur un faisceau de preuves indirectes : son carnet détaillant contacts et rendez-vous avec les victimes, les effets personnels des disparues retrouvés chez lui, les témoignages établissant qu’il était la dernière personne à les avoir vues vivantes, les preuves d’escroquerie financière, et surtout la découverte d’ossements et de cendres dans le four de sa villa de Gambais. L’accumulation de ces éléments convainquit le jury de sa culpabilité.

Où se trouve aujourd’hui la villa de Gambais ?

La villa « L’Ermitage » de Gambais où Landru commit présumément ses crimes existe toujours. Située dans le département des Yvelines, elle est devenue une propriété privée. Le lieu reste associé à cette sombre affaire criminelle dans la mémoire collective française, bien que l’édifice ait changé de propriétaires à de nombreuses reprises depuis 1922.

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