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Geneviève Lhermitte : l’affaire qui a bouleversé la Belgique

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Geneviève Lhermitte : les points clés aujourd’hui

Geneviève Lhermitte a assassiné ses cinq enfants en 2007 à Nivelles, Belgique. Condamnée à perpétuité en 2008, elle a été libérée conditionnellement en 2019. En 2023, après des années de souffrance psychiatrique jugée incurable, elle a bénéficié d’une euthanasie légale, ravivant le débat sur l’euthanasie pour motifs psychiques.

  • 28 février 2007 : Infanticide de cinq enfants âgés de 3 à 14 ans
  • 2008 : Condamnation à la réclusion à perpétuité par la Cour d’assises de Nivelles
  • 2019 : Libération conditionnelle pour suivi psychiatrique
  • 28 février 2023 : Euthanasie à l’âge de 56 ans dans un hôpital de Montignies-le-Tilleul

Le drame de Nivelles : chronologie des événements

Le 28 février 2007 marque un tournant tragique dans l’histoire judiciaire belge. À Nivelles, Geneviève Lhermitte profite de l’absence du père de ses enfants pour commettre l’irréparable. Ses cinq enfants, âgés de 3, 5, 8, 10 et 14 ans, sont retrouvés morts à leur domicile familial.

Après avoir mis fin à la vie de ses enfants, Geneviève Lhermitte tente de se suicider, mais cette tentative échoue. Elle est rapidement prise en charge par les services d’urgence et placée en détention provisoire dans l’attente de son procès.

Date Événement Conséquence
28 février 2007 Infanticide des cinq enfants Arrestation et détention provisoire
2008 Procès devant la Cour d’assises Condamnation à perpétuité
2019 Libération conditionnelle Suivi psychiatrique intensif
28 février 2023 Euthanasie légale Fin du parcours judiciaire et médical

Le procès de 2008 : entre responsabilité pénale et troubles psychiatriques

Lors du procès qui s’est tenu en 2008 devant la Cour d’assises de Nivelles, la défense de Geneviève Lhermitte a tenté de faire valoir l’irresponsabilité pénale. Plusieurs experts psychiatres ont effectivement attesté d’un grave déséquilibre mental au moment des faits.

Malgré ces évaluations psychiatriques, le jury a reconnu Geneviève Lhermitte coupable d’assassinat, considérant qu’elle conservait un certain discernement lors du passage à l’acte. La Cour l’a condamnée à la réclusion à perpétuité, la peine maximale prévue par le droit pénal belge pour ce type de crime.

Cette décision judiciaire a soulevé de nombreuses interrogations sur la prise en compte des troubles psychiatriques dans l’appréciation de la responsabilité pénale. Le système judiciaire belge, comme celui de nombreux pays européens, distingue l’irresponsabilité totale (abolition du discernement) de l’irresponsabilité partielle (altération du discernement), cette dernière n’excluant pas la condamnation.

La libération conditionnelle et le suivi psychiatrique

Après 12 années d’incarcération, Geneviève Lhermitte obtient une libération conditionnelle en 2019. Cette décision visait principalement à lui permettre de bénéficier d’un suivi psychiatrique adapté en milieu ouvert, les conditions carcérales étant jugées insuffisantes pour traiter ses troubles mentaux complexes.

Cependant, malgré un accompagnement médical intensif, l’état mental de Geneviève Lhermitte ne s’améliore pas. Les spécialistes constatent une dégradation progressive de sa santé psychique, caractérisée par des souffrances considérées comme incurables et insupportables au sens de la législation belge sur l’euthanasie.

L’euthanasie pour motifs psychiatriques : cadre légal en Belgique

La Belgique fait partie des rares pays au monde autorisant l’euthanasie pour souffrance psychique. La loi belge relative à l’euthanasie, adoptée en 2002, permet cette pratique sous des conditions strictes :

  • Demande volontaire : la personne doit formuler sa demande de manière consciente, réfléchie et répétée
  • Souffrance inapaisable : la souffrance doit être constante, insupportable et ne pouvant être soulagée
  • Pathologie grave et incurable : la condition médicale doit être reconnue comme incurable
  • Évaluation médicale : plusieurs médecins indépendants doivent examiner la demande
  • Consultation psychiatrique : pour les demandes d’ordre psychique, un psychiatre doit obligatoirement être consulté

Dans le cas de Geneviève Lhermitte, sa demande a été soigneusement évaluée par une équipe pluridisciplinaire. Les médecins ont constaté que ses souffrances psychiques, liées notamment au poids de ses actes et à ses troubles mentaux chroniques, répondaient aux critères légaux établis.

Le 28 février 2023 : une date symbolique

Geneviève Lhermitte a été euthanasiée le 28 février 2023, exactement 16 ans jour pour jour après le drame de Nivelles. Elle avait 56 ans. L’euthanasie a été pratiquée dans un hôpital de Montignies-le-Tilleul, dans le respect du protocole médical et légal belge.

Le choix de cette date anniversaire a été interprété par certains observateurs comme hautement symbolique, bien qu’aucune déclaration officielle n’ait explicitement confirmé cette intentionnalité. Cette coïncidence temporelle a néanmoins marqué les esprits et alimenté les débats publics.

Débats éthiques et juridiques : l’euthanasie psychiatrique en question

L’affaire Geneviève Lhermitte a ravivé les controverses concernant l’euthanasie pour motifs psychiatriques. Plusieurs questions éthiques demeurent au centre des discussions :

La capacité de discernement : Une personne souffrant de troubles psychiatriques graves peut-elle réellement consentir de manière éclairée à l’euthanasie ? Les détracteurs de cette pratique soulignent le risque d’une demande formulée sous l’emprise de la maladie mentale elle-même.

L’incurabilité psychique : Contrairement aux pathologies physiques, les troubles psychiatriques évoluent de manière imprévisible. Certains spécialistes estiment qu’il est difficile de déclarer définitivement incurable une souffrance psychique, les progrès thérapeutiques et les rémissions spontanées restant possibles.

La responsabilité collective : L’acceptation de l’euthanasie pour une personne ayant commis des crimes graves interroge sur la notion de justice et de réparation. Certains y voient une forme d’échappatoire à la responsabilité pénale, tandis que d’autres considèrent qu’il s’agit d’un acte médical distinct du parcours judiciaire.

Les alternatives thérapeutiques : Des voix s’élèvent pour questionner l’épuisement réel de toutes les options de traitement avant d’accorder l’euthanasie, notamment en matière de soins psychiatriques innovants.

FAQ – Questions fréquentes sur l’affaire Geneviève Lhermitte

Pourquoi Geneviève Lhermitte a-t-elle tué ses enfants ?

Les experts psychiatriques ont identifié un grave déséquilibre mental au moment des faits. Néanmoins, les motivations exactes n’ont jamais été pleinement élucidées. Le jury a considéré qu’elle conservait une part de discernement, écartant la thèse de l’irresponsabilité totale.

Comment fonctionne l’euthanasie pour motifs psychiatriques en Belgique ?

La loi belge autorise l’euthanasie lorsqu’une personne souffre d’une pathologie incurable causant une souffrance physique ou psychique constante et insupportable. Plusieurs médecins, dont obligatoirement un psychiatre pour les cas psychiques, doivent valider la demande après évaluation approfondie.

Geneviève Lhermitte était-elle encore en prison en 2023 ?

Non, elle avait été libérée conditionnellement en 2019 pour bénéficier d’un suivi psychiatrique en milieu ouvert. Elle n’était donc plus incarcérée au moment de son euthanasie en 2023.

Quelles sont les conditions pour obtenir une euthanasie en Belgique ?

La demande doit être volontaire, réfléchie et répétée. La personne doit souffrir d’une pathologie grave et incurable causant une souffrance constante et inapaisable. Plusieurs médecins indépendants doivent examiner et valider la demande selon un protocole strict défini par la loi de 2002.

Cette affaire a-t-elle modifié la législation belge ?

L’affaire Geneviève Lhermitte n’a pas directement entraîné de modification législative, mais elle a intensifié les débats publics sur l’euthanasie psychiatrique. Des discussions sont en cours en Belgique et dans d’autres pays européens sur l’encadrement de cette pratique et ses limites éthiques.

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