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Affaire du Rainbow Warrior : le sabotage de la DGSE qui a choqué le monde

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Sabotage du Rainbow Warrior : les faits essentiels de 1985

Le 10 juillet 1985, dans le port d’Auckland en Nouvelle-Zélande, le navire de l’organisation écologiste Greenpeace, le Rainbow Warrior, a été coulé par deux explosions provoquées par des agents de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure). L’attentat a causé la mort de Fernando Pereira, photographe portugais membre de l’équipage. L’objectif de cette opération, baptisée « Opération Satanique », était d’empêcher le navire de protester contre les essais nucléaires français menés sur l’atoll de Moruroa dans le Pacifique Sud.

  • Date de l’attentat : 10 juillet 1985
  • Lieu : Port d’Auckland, Nouvelle-Zélande
  • Victime : Fernando Pereira, photographe de Greenpeace
  • Méthode : Deux mines limpet posées sur la coque du navire
  • Conséquences politiques : Démission du ministre de la Défense Charles Hernu
  • Agents arrêtés : Commandants Alain Mafart et Dominique Prieur

L’Opération Satanique : contexte et déroulement du sabotage

Dans les années 1980, la France poursuivait activement son programme d’essais nucléaires dans le Pacifique Sud, notamment sur l’atoll de Moruroa en Polynésie française. Ces tests suscitaient une opposition internationale croissante, particulièrement de la part des pays voisins et des organisations écologistes. Greenpeace avait prévu d’envoyer le Rainbow Warrior dans la zone pour documenter et protester contre ces essais.

Pour neutraliser cette menace médiatique, la DGSE a élaboré l’Opération Satanique. Deux agents des services secrets français, le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, se sont infiltrés en Nouvelle-Zélande en se faisant passer pour un couple de touristes suisses sous les noms d’emprunt de « Alain et Sophie Turenge ».

Dans la nuit du 10 juillet 1985, des plongeurs de combat ont fixé deux mines limpet sur la coque du Rainbow Warrior amarré dans le port d’Auckland. La première explosion, vers 23h38, a provoqué une brèche importante. La plupart des membres d’équipage ont pu évacuer, mais Fernando Pereira est retourné dans sa cabine pour récupérer son matériel photographique. Une seconde explosion l’a tué, piégé à l’intérieur du navire qui a rapidement coulé.

L’enquête néo-zélandaise et l’arrestation des agents français

L’enquête menée par la police néo-zélandaise a rapidement porté ses fruits. Les autorités locales ont identifié et arrêté Alain Mafart et Dominique Prieur quelques jours après l’attentat. Leur couverture d’identité a été percée, et des preuves matérielles les reliaient directement au sabotage.

Étape de l’enquête Date Événement
Sabotage 10 juillet 1985 Coulage du Rainbow Warrior, mort de Fernando Pereira
Arrestation 12 juillet 1985 Interpellation de Mafart et Prieur
Aveux français 22 septembre 1985 Laurent Fabius reconnaît la responsabilité française
Condamnation Novembre 1985 10 ans de prison pour les deux agents

L’implication de la France a d’abord été catégoriquement niée par les autorités françaises. Cependant, face à l’accumulation des preuves et à la pression médiatique internationale, le Premier ministre Laurent Fabius a finalement reconnu publiquement, le 22 septembre 1985, que « des agents des services secrets français ont coulé ce bateau ». Cette admission a marqué un tournant historique dans la transparence des opérations clandestines françaises.

Les conséquences politiques et diplomatiques de l’affaire

Le scandale du Rainbow Warrior a eu des répercussions politiques majeures en France. Charles Hernu, ministre de la Défense, a été contraint de démissionner le 20 septembre 1985, assumant ainsi la responsabilité politique de l’opération. L’amiral Pierre Lacoste, directeur de la DGSE, a également été limogé.

Sur le plan diplomatique, l’affaire a provoqué une crise majeure entre la France et la Nouvelle-Zélande. Les relations bilatérales se sont considérablement dégradées, et des sanctions économiques ont été envisagées. Un arbitrage international a finalement été obtenu, aboutissant à un accord en 1986 prévoyant :

  • Le versement de 7 millions de dollars néo-zélandais à la Nouvelle-Zélande en compensation
  • Le transfert des deux agents condamnés sur l’atoll militaire français de Hao en Polynésie française pour y purger leur peine
  • Des excuses officielles de la France

Cependant, contrairement aux termes de l’accord, Dominique Prieur et Alain Mafart ont été libérés de manière anticipée : Prieur en mai 1988 pour raisons médicales, et Mafart en décembre 1987 également pour raisons de santé, ce qui a suscité l’indignation en Nouvelle-Zélande et auprès de Greenpeace.

L’héritage de l’affaire Rainbow Warrior dans la mémoire collective

L’attentat contre le Rainbow Warrior reste l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire des services secrets français. Il a mis en lumière les zones d’ombre des opérations clandestines et soulevé des questions fondamentales sur les limites de la raison d’État face au droit international.

Pour Greenpeace, cet événement tragique est devenu un symbole de la lutte pour la protection de l’environnement et contre les essais nucléaires. La mort de Fernando Pereira a galvanisé le mouvement écologiste international et renforcé l’opposition aux tests nucléaires français, qui ont finalement cessé en 1996.

En France, l’affaire a conduit à une réflexion sur le contrôle parlementaire des services de renseignement et a progressivement imposé davantage de transparence dans les opérations extérieures. Elle a également marqué durablement l’image internationale de la France, associant le pays à une opération de terrorisme d’État aux yeux de nombreux observateurs.

FAQ – Questions fréquentes sur le sabotage du Rainbow Warrior

Pourquoi la DGSE a-t-elle saboté le Rainbow Warrior ?

La DGSE a saboté le Rainbow Warrior pour empêcher Greenpeace de protester contre les essais nucléaires français menés sur l’atoll de Moruroa dans le Pacifique Sud. Le gouvernement français craignait que la présence médiatique du navire ne nuise à l’image de la France et ne complique la poursuite de son programme nucléaire.

Qui était Fernando Pereira, la victime de l’attentat ?

Fernando Pereira était un photographe portugais de 35 ans, membre de l’équipage du Rainbow Warrior. Il est décédé lors de la seconde explosion après être retourné dans sa cabine pour récupérer son matériel photographique. Sa mort a transformé ce qui devait être un simple sabotage en une affaire d’homicide internationale.

Quelles ont été les sanctions contre les agents français arrêtés ?

Alain Mafart et Dominique Prieur ont été condamnés à 10 ans de prison par la justice néo-zélandaise en novembre 1985. Après un arbitrage international, ils ont été transférés sur l’atoll de Hao en Polynésie française, mais ont été libérés de manière anticipée en 1987 et 1988, ce qui a violé l’accord initial et provoqué de nouvelles tensions diplomatiques.

Charles Hernu a-t-il été poursuivi pour sa responsabilité dans l’affaire ?

Charles Hernu, ministre de la Défense, a démissionné de ses fonctions le 20 septembre 1985 suite au scandale. Cependant, il n’a jamais été poursuivi pénalement en France. Son départ a été considéré comme une prise de responsabilité politique, mais aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre lui sur le territoire français.

L’affaire du Rainbow Warrior a-t-elle eu un impact sur les essais nucléaires français ?

Bien que les essais nucléaires français se soient poursuivis pendant une décennie après l’affaire, le scandale international a renforcé l’opposition mondiale à ces tests. La pression internationale croissante, combinée à l’évolution du contexte géopolitique, a finalement conduit la France à mettre fin définitivement à ses essais nucléaires en 1996 sous la présidence de Jacques Chirac.

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